Carouge, havre méridional

Carouge, havre méridional
Carouge, Genève - Suisse
Rédaction Voyages-sncf.com

Prendre la route, prendre le tram… pour s’éloigner de Genève, de ses institutions internationales, de ses quartiers huppés et rejoindre ses faubourgs. Une petite excursion, un grand dépaysement. Destination : Carouge.

Bordée par les eaux vives de l’Arve, la populaire cité sarde catholique fleure bon le Sud. Fondée au siècle des Lumières, à la demande de Victor-Amédée III, duc de Savoie et roi de Sardaigne, cette bourgade savoyarde se métamorphose en une place économique devant concurrencer son imposante voisine. Des architectes turinois établissent alors des plans afin de donner à cette nouvelle agglomération une tonalité toute piémontaise.

En ce havre méridional, se nichent encore derrière les maisons basses caractérisées par des galeries en bois, des cours intérieures agrémentées de jardins. Au début du XIXe siècle, Carouge comptait des centaines d’artisans représentant une trentaine de corps de métiers.

Aujourd’hui, dans le vieux Carouge, cordonniers, tonneliers, lingères et blanchisseuses ont laissé place aux créateurs. Galeries, ateliers d’artisans, boutiques d’antiquaires ont transformé ce fief ouvrier en repaire d’artistes. Les anciens Carougeois, à la gouaille franche, regrettent l’arrivée un peu trop voyante des bobos. Désormais, les bars à vin, les salons de thé et les cafés-restaurants parfois à l’image froide (Ô calme, rue Ancienne en est un triste représentant), ont remplacé les bistrots. Exit donc les bouges dans lesquels venait s’encanailler au siècle dernier la gente calviniste. Heureusement, la brasserie La Bourse sur la place du Marché révèle l’ambiance d’un passé proche. A sa porte, le samedi et le mercredi matin, les marchands de saison et quelques producteurs disposent leur étal toujours bien achalandé de produits frais. Carouge aussi cache bien son jeu !

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